Season of the Witch

Un film à l’image de son affiche : visuel et bourré de clichés. Le titre n’a d’ailleurs pas grand rapport avec l’histoire si ce n’est les trois dernières minutes du film, un peu comme Le Nom de la Rose, même si la comparaison ne va guère plus loin.

Le Dernier des TempliersLe pitch ne fait pas plus rêver que ça, mais l’affiche à elle seule donne une bonne idée de ce que l’on va voir. Très visuel, le scénario est faible en conséquence et entraîne les dialogues avec lui, on a pas trop à réfléchir. On croirait presque être tombé par hasard sur un nanard, mais la débauche de postproduction pour donner au film un aspect sombre et angoissant relève un peu le niveau et, un peu paradoxalement, on ne s’ennuie finalement pas dans cette succession de situations prévisibles et attendues. Les deux chevaliers blasés des combats, l’Église très très méchante, le père qui la représente et qui finalement n’est pas si mauvais que ça, la jolie jeune femme accusée de sorcellerie qui elle est très très méchante, les bois bien sombres et glauques, la peste noir, les villes suffocantes, la boue, les loups-garous… Bref, du grand classique vu et revu. Mais bizarrement, ça passe.

Parmi les points qui remontent un peu le niveau, quelques bonnes répliques échangées entre Nicolas Cage et Ron Perlman ; si le premier n’est à mon avis pas à sa place dans ce genre de rôle − même maquillé en pouilleux, il fait surtout maquillé − Ron Perlman se retrouve encore dans les bottes du gentil-qui-est-bourrin-mais-gentil-quand-même-et-qui-de-toute-façon-meurt-à-la-fin. Oui, j’ai vendu la mèche, mais en même temps il meurt toujours à la fin, Perlman, à croire que c’est écrit sur son front qu’il peut pas finir un long-métrage entier. Dommage, mais bon. La photographie ajoute finalement ce qui manque d’attrayant aux deux personnages principaux, leur donnant un côté héros mythologiques bien plus que chevaliers/croisés, un gros travail a été fait là-dessus et on apprécie le résultat. Mention spéciale pour Claire Foy dans le rôle de la sorcière qui sauve un peu la performance d’acteur dans un film qui ne se prête pas vraiment au jeu audacieux.

Avis des deux spectateurs donc : un film sympa qui se laisse regarder pour le plaisir du visuel, le cerveau en mode pause. À noter dans les bonus une vidéo d’une dizaine de minutes qui montre des passages du tournage, permettant de réaliser à quel point la postproduction a eu la main lourde − dans le bon sens − pour faire passer une scène lumineuse sur un chemin ensoleillé à une scène glauque dans un paysage déprimant. Dernière précision : ne cherchez aucune cohérence, aucun réalisme : ils sont aux abonnés absents. C’est définitivement un film fantastique sans lien réel avec notre monde, tout au plus une vague époque historique et de vagues lieux pour situer l’histoire. Ça s’arrête là.

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