World Invasion: Battle Los Angeles

Je ne savais pas trop quoi faire ce soir, ayant terminé Shadow of the Giant d’Orson Scott Card, bouquin (et cycle, et auteur) dont il faudra que je reparle ; du coup je me suis tourné vers World Invasion: Battle Los Angeles, un film qui comme son titre l’indique parle d’une invasion extra-terrestre qui se déroule à Los Angeles. Rien qu’avec le titre et la bande-annonce, je m’attendais à devoir sortir la guitare régulièrement pour passer le temps, et bien je n’ai pas été déçu.

Contrairement à Marvelll je n’accorderai même pas le mérite du visuel à ce film, puisque même les nombreuses scènes d’action m’ont profondément ennuyé. J’avais presque toutes les cinq minutes l’impression de revoir US Seals, c’est dire. L’histoire est simple : un officier a perdu tous ses hommes dans une opération récente et démissionne, rongé par le remord et la honte, mais se retrouve embarqué malgré lui avec ses hommes − 2ème Bataillon, 5ème Marines, 1ère Division de Marine, rien que ça − à se battre contre des aliens venus coloniser la Terre pour prendre possession de ses réserves d’eau.

L’intégralité du film se résume donc à des soldats surentrainés, véritables machines à tuer, qui se permettent d’arroser à 180° en vidant cinquante chargeurs de cent balles chacun pour tuer un alien qui court droit sur eux. Le tout entrecoupé de passages mélodramatiques avec de bons soldats qui meurent héroïquement et des civils qui souffrent (enfin, trois civils, on se demande pourquoi on mobilise une section pour sauver trois péquins, l’essentiel du budget a du passer dans les effets spéciaux et il a sans doute fallu rogner sur les figurants et les seconds rôles). Je vous parlais récemment du livre d’Eugene Sledge With The Old Breed ; Sledge était dans le 3ème Bataillon, et actuellement cette unité du Corps des Marines est engagée en Irak. Autant dire qu’on est un peu déçu de voir ce genre d’unité légendaire tant mise en valeur dans une série comme The Pacific, simplement remisée à faire du tir au pigeon martien dans un Los Angeles en ruine pendant 90 minutes. Bon, j’ai l’air très négatif comme ça, mais il faut dire que si ce film présente quelques points forts, globalement c’est une grosse bouse, tout simplement, un énième film avec des soldats se voulant héroïques mais joués par des acteurs aussi crédibles que moi en cuisinier japonais, et surtout pétrit de morale à deux ronds et de clichés pathétiques que Marvelll s’est déjà occupé de détailler (mentions spéciales pour le gamin intronisé Marine, le non-repos des guerriers et le répétitif « no one left behind » à toutes les sauces possibles).

Ah oui, mention aussi pour le steadycam qui semble être beaucoup utilisé pour nous plonger dans le réalité du film et suivre plus intimement les personnages dans leurs épreuves. Ça serait une bonne idée si on avait l’impression qu’ils traversent des épreuves, parce qu’entre les balles ennemies qui ne font que brûler au second degré en passant presque tout le temps à côté de leur cible, et les morts et blessés qui ne perdent pas une goutte de sang ou un seul membre, même en se prenant une voiture sur le coin de la tête, bon. Je n’aime pas spécialement les soldats qui volent en morceaux, mais quand même, on se demande comment ces aliens ont fait pour parvenir jusque sur Terre s’ils ne sont même pas fichus de fabriquer des armes qui pulvérisent un minimum les gens qu’ils vont rencontrer. Mais en même temps si nos amis les Marines avaient survécu à ce genre d’armes, on tombait définitivement dans le nanar ; reste à savoir si ça n’aurait pas été préférable, finalement.

Pour en venir aux points forts, tout de même, j’en ai relevé deux : d’abord certains visuels qui valent vraiment le coup d’œil et sont très bien imaginés, notamment l’arrivée des trucs (je ne sais pas trop comment appeler ça… Vaisseaux, météorites, vaissotéorites ?) au sol, avec les sortes de ronds de fumée, j’aime l’idée. C’est en revanche à peu près tout puisque des scènes qui pourraient être visuellement épatantes sont totalement détruites par la nullité des répliques ou actions des personnages qui les accompagnent. Ensuite, globalement, j’ai aimé l’histoire dans sa trame principale. On voit souvent des films d’invasion extraterrestre sans aucun motif précis, ou alors un truc super original qui varie entre « extermination totale des humains sans aucune raison » ou « extermination totale des humains avec une raison foireuse » par exemple « parce qu’ils détruisent leur planète » (cf. The Day the Earth Stood Still). Là, on sait ce qui se passe même si c’est trop vite expédié : les méchants sont là pour l’eau. On comprend vaguement qu’ils s’en servent comme carburant et pour vivre, et comme sur Terre on a de l’eau à revendre, ils viennent la prendre de force. Pourquoi pas, il me semble que c’est plutôt original comme idée ; c’est juste dommage qu’on en parle presque pas, préférant montrer des soldats d’opérette tirer dans tous les sens pour détruire des stations hydrauliques ennemies.

Malheureusement pas un nanar, personnellement je me suis ennuyé profondément pendant de longues périodes, ce qui m’a permis d’améliorer ma pratique de certains passages d’Iron Maiden. De bonnes idées très mal exploitées, des personnages en carton et des acteurs pas crédibles, bref à peine de quoi s’occuper deux heures si on a vraiment rien de mieux à regarder en digérant.

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