Antidéal de vie

C’est l’avantage que j’ai trouvé au travail à l’usine : ça permet de cogiter librement. Enfin, sous réserve de ne pas se retrouver en face d’une gourde qui vous récite par cœur les derniers épisodes de S*cr*t St*ry (oui je ne veux pas être référencé pour avoir mentionné ce truc) ou un casse-pied comme moi qui vous explique que c’est génial de se lever à 3h du matin pour photographier des menhirs au clair de Lune. Bref.

Un homme dort là chaque soir.

Un homme dort là chaque soir.

Il y a des moments où on aimerait bien foutre le camp. Simplement partir. Où ça ? Mais on s’en fout ! N’importe où ! En Espagne, dans le Queyras, en Afrique, à Crozon, dans le champ à côté de chez vous… Qui n’a jamais rêvé de ça. Et Pourtant la réalité est moins rose… L’homme moderne n’est pas préparé à ce genre d’expérience. Je ne suis pas peu fier d’avoir à plusieurs reprises franchi le pas, d’être parti sur les routes avec seulement quelques kilos de matériel pour vivre, même si je ne serais probablement jamais de taille à me comparer aux aventures de gens comme LaurentGrand artiste vagabond devant l’éternel : [url]http://laurentbavella.com[/url] ou AymericGrand vagabond à roulettes devant l’éternel : [url]http://aux4coinsdeleurope.blogspot.com[/url]. Quand on est sur les routes, on pense à beaucoup de choses ; les gens qu’on a laissé derrière, les gens qu’on rencontre, ce qu’on aimerait dire à quelqu’un en cet instant même, ce que nous inspire le paysage qu’on a sous les yeux, que cette foutue route vers Sanguinet est décidément beaucoup trop rectiligne pour être normale, et qu’il fait encore super chaud et que ça devient dur à supporter, Lénaïc salaud t’as raté la meilleure partie.

Et puis il y a des moments où on a envie de rien faire. Et puis d’autres où on ne sait pas quoi faire… En ce moment, je ne sais pas quoi faire.

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De ma vie, j’entends. Bosser à l’usine n’est pas particulièrement mon truc, ça va bien deux ou trois jours pour gagner de quoi payer l’essence, de quoi remplir le frigo et à terme le loyer, mais à part ça, très peu pour moi. Mais bosser où, sinon, et pourquoi ? Dans l’informatique ? Pas super intéressant… Dans la photo ? C’est tentant, mais je ne vois pas trop comment. Je pourrais vendre de la drogue, mais il parait que les débouchés ne sont pas géniaux…

Bref, ça cogite ces derniers temps. Une petite rando à pied ferait du bien… Pas à vélo, ça aurait trop des goûts de voyage et le retour ne serait guère mieux que le départ. Crozon, ça serait bien, surtout s’il fait beau, avec pourquoi pas un bivouac carrément sur les falaises… Il va falloir y réfléchir. Tant qu’il n’y a pas de boulot, autant en profiter. Les photos de la ville de Vannes prennent du temps à faire, aussi ; ceux qui lisent les commentaires auront appris que j’exposerai quelques photos au Palais des Arts de Vannes courant octobre, pour un projet étudiant. Ça fera toujours ça de plus à ajouter sur le CV, une expo crédibilise mieux la mention «photographe amateur», ça implique un peu plus d’engagement que faire des photos cramées de plage avec son petit compact. Affaire à suivre, donc.

Ah, tant que j’y pense, j’ai mis à jour la page [url=http://www.caercam.org/a-propos/]À propos[/url]. Ça ne sert à rien, et tant mieux. Plus sérieusement, vous y trouverez deux-trois infos sur moi, ce blog et son contenu, licence, logiciels utilisés, etc.

[refs]

Une réflexion au sujet de « Antidéal de vie »

  1. Merci pour le lien, c’est adorable de ta part ! J’adore le nouveau design de ton blog, chapeau bas ! C’est très beau ! J’adore.
    En espérant te revoir à Paris à la fin de l’année avec Marie et notre bébé (« Paul Nabi » normalement), amicalement,
    Laurent

  2. Salut
    j’arrive un peu en retard mais comme Laurent je voudrais sincèrement te remercier pour cette mention. Ca me touche beaucoup que tu aies ce regard. C’est vraiment sympa !

    Mais attention à ne pas me (nous) mettre sur un piédestal ou à me (nous) ranger dans une catégorie un peu bizarre et résolument trop grande pour mes (nos) épaules. Nous sommes tous des super héros ! Mais certains préfèrent se le cacher en s’abrutissant de S*cr*t St*r*. D’autres en prennent la mesure et se lancent. Mais aucun destin n’est moins extraordinaire qu’un autre…
    Tu tiens largement la comparaison avec beaucoup d’aventuriers et tu en surpasses certainement beaucoup car tu as fait le chemin le plus compliqué : se détacher de l’emprise de notre société d’image et d’immédiateté. Le reste n’est qu’un accomplissement physique d’une démarche psychologique. (J’ai relu Le Loup des steppes)

    Se barrer à l’aventure c’est d’abord dans sa tête et peu importe le lieu. Ce bon vieux Kipling : « Éloignez-vous à un jet de pierre sur la droite ou sur la gauche de cette route bien entretenue sur laquelle nous marchons, et aussitôt l’univers prend un air farouche, étrange… ». Ou Paul Morand : « La beauté ne nous attend pas en tel ou tel point du globe ; elle est en nous. Le plus beau voyage du monde. »
    Je suis très citations en ce moment 😉

    Ton article est très intéressant de questionnements et de réflexions sur tous ces points. J’aurais peut-être du commencer par là 🙂
    Je suis absolument fan de tes photos autant que je puisse détester S*cr*t St*r* !

    Bon chemin à toi,
    Aymeric.

    Et désolé pour le silence radio depuis mon retour mais prendre son temps ça fait un bien fou. Alors tout arrivera à point à ceux qui sauront m’attendre…

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